Comment faire une étude de prix en six étapes
L'étude de prix suit un ordre qui ne se négocie pas : on comprend l'affaire, on la mesure, on la coûte, puis on la vend. Sauter une étape, c'est chiffrer un ouvrage mal compris ou mal mesuré, et l'erreur se propage jusqu'au prix final.
Le dépouillement vient en premier. Il s'agit de lire le règlement de la consultation, le CCTP et le cadre de prix, pour savoir ce qui est demandé, dans quel format et pour quand. C'est aussi le moment de noter les points flous et de poser ses questions au maître d'œuvre dans les délais prévus.
Viennent ensuite le métré, puis les consultations de fournisseurs et de sous-traitants, menées en parallèle pour gagner du temps. Le métré fournit les quantités qu'on enverra aux fournisseurs ; leurs réponses fourniront les prix d'achat du sous-détail.
Les trois dernières étapes construisent le prix : le déboursé sec de chaque ouvrage, les frais et la marge qui donnent le prix de vente, puis la mise en forme dans le cadre imposé et la relecture.
Pourquoi le métré se fait dans l'ordre du cadre de prix
Un métré organisé par plan est naturel pour mesurer, mais pénible pour chiffrer. Un métré organisé dans l'ordre des lignes du cadre de prix se reporte sans recherche : chaque quantité tombe en face de son prix unitaire. Mesurez plan par plan, mais rangez les lignes selon le cadre. Avec un export Excel qui sort un onglet par lot et un total par unité, le report devient une simple vérification ligne à ligne.
Étude de prix bâtiment : du déboursé sec au prix de vente
Le vocabulaire de l'étude de prix est précis, et le confondre conduit à compter deux fois des frais ou à en oublier.
Le déboursé sec
C'est le coût direct de l'ouvrage : les heures de main-d'œuvre valorisées au coût horaire de l'entreprise, les matériaux avec leurs chutes, le petit matériel et les engins affectés à cet ouvrage. Il se calcule à l'unité de l'ouvrage, au mètre carré, au mètre linéaire ou à la pièce, puis se multiplie par la quantité du métré.
Les frais de chantier
Ce sont les dépenses du chantier qui ne se rattachent à aucun ouvrage en particulier : installations, encadrement sur place, levage commun, nettoyage, protections. Selon les entreprises, on les chiffre au réel dans un lot d'installation de chantier ou on les répartit par un pourcentage sur les ouvrages.
Les frais généraux, le bénéfice et les aléas
Les frais généraux couvrent le fonctionnement de l'entreprise : bureaux, direction, études, assurances. Le bénéfice rémunère le risque, les aléas couvrent l'imprévu. Ces trois postes sont propres à chaque entreprise et se calculent à partir de ses comptes, pas d'une moyenne trouvée ailleurs.
On les regroupe souvent dans un coefficient de vente, qui multiplie le déboursé sec pour donner le prix de vente hors taxes. Ce coefficient se recalcule chaque année avec le bilan, et il peut varier selon la taille de l'affaire ou le risque du lot.
Exemple d'étude de prix bâtiment : un doublage collé
Exemple. Le lot plâtrerie d'une rénovation comprend 120 m² de doublage collé sur murs extérieurs, d'après le métré fait sur les plans. On cherche le prix unitaire de vente et le total de la ligne.
Le sous-détail se construit pour un mètre carré. La main-d'œuvre se calcule par un temps unitaire, multiplié par le coût horaire de l'entreprise. Les matériaux se comptent avec leurs chutes : on achète 1,05 m² de complexe isolant pour poser 1 m². La colle et les bandes forment des postes plus petits mais réels.
Le tableau additionne ces postes pour obtenir le déboursé sec au mètre carré, puis applique un coefficient de vente pour obtenir le prix de vente. Tous les montants, le temps unitaire et le coefficient sont des exemples : ils montrent la mécanique du calcul, pas un prix de marché. Remplacez-les par vos rendements, vos coûts horaires et vos prix d'achat.
Le calcul se vérifie sans calculatrice sur l'ordre de grandeur. Les 120 m² à 0,30 h/m² représentent 36 heures de pose, soit quatre à cinq jours de travail pour un compagnon seul. Si ce temps vous paraît irréaliste pour ce chantier, c'est le rendement qu'il faut revoir, pas le coefficient.
Si vos frais de chantier sont chiffrés dans un lot d'installation à part, ils ne doivent pas figurer aussi dans le coefficient de vente. Choisissez une méthode par affaire et notez-la en tête de l'étude.
| Poste (exemple) | Base | Qté/m² | PU HT exemple | Montant/m² | |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Déboursé sec au m² | ||||
| 2 | Main-d'œuvre de pose | h | 0,30 | 40,00 € | 12,00 € |
| 3 | Complexe isolant + plaque (chutes comprises) | m² | 1,05 | 14,00 € | 14,70 € |
| 4 | Mortier adhésif | m² | 1,00 | 1,20 € | 1,20 € |
| 5 | Bandes et enduit de joints | m² | 1,00 | 0,80 € | 0,80 € |
| 6 | Déboursé sec | 28,70 € | |||
| 7 | Prix de vente | ||||
| 8 | Coefficient de vente (exemple) | 1,35 | |||
| 9 | Prix unitaire de vente HT (arrondi) | m² | 38,75 € | ||
| 10 | Ligne : 120 m² × 38,75 € | 4 650,00 € | |||
Relire son étude de prix avant la remise
Une étude de prix se relit à trois niveaux. D'abord les quantités : chaque ligne du cadre a-t-elle une quantité tirée du métré, et le métré couvre-t-il tous les plans ? Ensuite les prix unitaires : sont-ils cohérents entre ouvrages voisins, et un prix très différent de vos affaires passées a-t-il une raison écrite ? Enfin le total : rapporté à la surface de plancher, tient-il face à vos références internes ?
Recoupez aussi les consultations. Un fournisseur qui a chiffré une autre quantité que la vôtre, ou une autre référence que celle du CCTP, fausse le sous-détail. Un sous-traitant qui exclut une prestation laisse un trou qu'il faut combler ailleurs.
Gardez enfin une note des hypothèses : rendements retenus, prix d'achat datés, exclusions, variantes. Si l'affaire est gagnée, cette note devient le budget du conducteur de travaux. Si elle est perdue, elle sert à comprendre l'écart avec le prix retenu, quand le maître d'ouvrage le communique.
La partie la plus longue reste souvent le métré, et c'est aussi celle qui se vérifie le moins. Une quantité dont on retrouve le tracé sur le plan se contrôle en quelques secondes ; une quantité recopiée d'un brouillon ne se contrôle pas.

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