Étude de prix terrassement : ce qui fait le prix
Un lot de terrassement se chiffre en temps d'engins, en rotations de camions et en mise en décharge, bien plus qu'en main-d'œuvre. Le prix d'un mètre cube dépend donc de cinq paramètres : la nature du sol, la présence d'eau, l'accès au chantier, la distance jusqu'au lieu de dépôt et l'équilibre entre déblais et remblais.
La nature du sol fixe l'engin et son rendement. Une terre meuble se charge vite à la pelle ; une argile collante ralentit tout ; un rocher demande un brise-roche hydraulique et change complètement le prix. L'étude géotechnique du dossier est la première pièce à lire, avant même les plans.
L'équilibre des terres pèse lourd. Si les déblais peuvent être réutilisés en remblai sur place, on économise à la fois le transport sortant et l'apport de matériaux. S'ils sont impropres ou pollués, il faut les évacuer et acheter des matériaux d'apport. Deux chantiers aux volumes identiques peuvent ainsi avoir des prix très éloignés.
- Décapage de la terre végétale, en m² ou en m³
- Fouilles en pleine masse, en rigole, en puits, en m³
- Remblais et compactage, en m³ en place
- Évacuation, en m³ foisonnés ou en tonnes
- Apport de matériaux, en m³ ou en tonnes
- Réglage de plate-forme, en m²
Calculer les volumes d'une étude de prix terrassement
Le métré de terrassement part des plans de masse, des plans de fondation et du relevé topographique. On mesure des emprises, en m², et des profondeurs ou des cotes de terrain ; les volumes se calculent ensuite.
Les trois états de la terre
Un même volume de sol change de taille selon son état. En place, c'est le volume mesuré sur les plans. Foisonné, c'est le volume après extraction, plus grand, celui que transportent les camions. Compacté, c'est le volume une fois remis en remblai et serré. Le CCTP dit dans quel état chaque prix se compte, et le coefficient de foisonnement se tire de l'étude géotechnique ou de votre expérience du terrain.
Les fouilles avec talus
Quand la fouille n'est pas blindée, ses parois sont inclinées. Le volume n'est plus un simple parallélépipède : le haut de la fouille est plus grand que le fond. Pour une fouille dont les faces sont des plans, la formule du prismoïde donne le volume exact : la hauteur divisée par six, multipliée par la somme de la surface du fond, de la surface du haut et de quatre fois la surface à mi-hauteur.
Les plates-formes et les terrains en pente
Pour un terrain irrégulier, on découpe l'emprise en carreaux réguliers. Pour chaque carreau, on fait la moyenne des écarts entre terrain naturel et cote projet aux quatre coins, puis on la multiplie par la surface du carreau. La somme des carreaux en déblai et celle des carreaux en remblai donnent le mouvement des terres.
Exemple d'étude de prix terrassement : la fouille d'un sous-sol
Exemple. Un bâtiment avec sous-sol a une emprise de 20,00 m × 12,00 m. La fouille descend à 3,00 m. On prévoit une sur-largeur de travail de 1,00 m de chaque côté, et des talus inclinés à un pour un, hypothèse retenue ici pour l'exemple : à 3,00 m de profondeur, chaque talus recule de 3,00 m.
Fond de fouille : 22,00 × 14,00 = 308 m². Haut de fouille : 28,00 × 20,00 = 560 m². Mi-hauteur : 25,00 × 17,00 = 425 m². Volume en place : 3,00 ÷ 6 × (308 + 560 + 4 × 425) = 0,5 × 2 568 = 1 284 m³.
Après construction, le sous-sol occupe 20,00 × 12,00 × 3,00 = 720 m³. Le vide à remblayer autour vaut donc 1 284 − 720 = 564 m³ en place. Si les terres sont réutilisables, on en stocke une partie sur le site ; le reste part en décharge.
Le tableau poursuit avec des hypothèses d'exemple : un coefficient de foisonnement, une capacité de camion et un rendement de pelle. Il montre comment le volume en place devient un nombre de rotations et un temps d'engin, qui sont les vraies bases du prix.
Chiffrer le volume de l'emprise du bâtiment, 720 m³, au lieu du volume réel de la fouille, 1 284 m³. Les talus et la sur-largeur de travail ajoutent ici plus des trois quarts du volume de base.
| Ligne (exemple) | Calcul | U. | Qté | |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Volumes | |||
| 2 | Fouille en pleine masse, en place | 3 ÷ 6 × (308 + 560 + 1 700) | m³ | 1 284 |
| 3 | Remblai périphérique, en place | 1 284 − 720 | m³ | 564 |
| 4 | Excédent à évacuer, en place | 1 284 − 564 | m³ | 720 |
| 5 | Hypothèses d'exemple | |||
| 6 | Excédent foisonné, coefficient d'exemple 1,25 | 720 × 1,25 | m³ | 900 |
| 7 | Rotations, camion d'exemple de 12 m³ | 900 ÷ 12 | U | 75 |
| 8 | Temps de pelle, rendement d'exemple 60 m³/h | 1 284 ÷ 60 | h | 21,4 |
Les risques à chiffrer dans l'étude de prix terrassement
Le terrassement est le lot des incertitudes enterrées. Une bonne étude ne les fait pas disparaître : elle les nomme, elle les chiffre quand c'est possible, et elle écrit ses hypothèses pour le reste.
L'eau d'abord. Une nappe ou des venues d'eau imposent un pompage, parfois un rabattement, et ralentissent les engins. Si l'étude géotechnique en signale, chiffrez le pompage au jour ou en prix unitaire, pour qu'il suive la réalité du chantier.
Le sol ensuite. Des blocs rocheux non prévus, des remblais anciens, des maçonneries enterrées changent le rendement. Les terres polluées demandent des analyses et une filière d'évacuation spécifique, beaucoup plus coûteuse. Les réseaux existants imposent les déclarations préalables aux travaux à proximité des réseaux et des terrassements manuels autour des ouvrages repérés.
Le chantier enfin : accès étroit qui limite la taille des camions, voirie publique à nettoyer, saison pluvieuse qui rend le fond de fouille impraticable. Ces contraintes ne se mesurent pas sur un plan, mais elles se voient à la visite du site, qui reste une étape de l'étude à part entière.

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