Mode de métré : ce que c'est et à quoi il sert
Un mode de métré est un ensemble de conventions écrites. Pour chaque ouvrage, il dit dans quelle unité le compter, quelles dimensions prendre, ce qui est inclus dans la quantité et ce qui en est retiré. Il ne dit pas comment construire : il dit comment mesurer ce qui est construit, ou ce qui le sera.
Son premier rôle est d'aligner les offres. Quand dix entreprises chiffrent la même cloison, le maître d'ouvrage veut comparer des prix, pas des façons de mesurer. Si l'une déduit les portes et l'autre non, leurs quantités diffèrent avant même que les prix unitaires entrent en jeu.
Son second rôle intervient pendant le chantier. Dans un marché à prix unitaires, l'entreprise est payée sur les quantités réellement exécutées. Le mode de métré devient alors la règle du constat contradictoire : on mesure ensemble, selon la convention écrite, et la situation de travaux suit.
Dans un marché à prix global et forfaitaire, la logique change. Les quantités de la DPGF servent à décomposer le prix, et l'entreprise s'engage sur le total. Le mode de métré reste utile pour vérifier les quantités du maître d'œuvre avant de signer, car une erreur de quantité acceptée dans un forfait se paie sur la marge.
Les règles de métré, ouvrage par ouvrage
Chaque famille d'unité a ses questions habituelles. Les connaître permet de chercher la bonne règle dans le dossier au lieu de supposer.
Les ouvrages au mètre linéaire
Canalisations, gaines, plinthes, corniches, chéneaux, bordures. La question est de savoir si les accessoires sont compris dans le prix au mètre ou comptés à part : coudes et tés en plomberie, angles et raccords en zinguerie, boîtes en électricité. On se demande aussi si la longueur se prend à l'axe, à la plus grande dimension ou développée.
Les ouvrages au mètre carré
Cloisons, enduits, peintures, revêtements de sol, couvertures. La règle porte sur les vides : déduits tous, déduits au-delà d'une surface fixée par le marché, ou jamais déduits. Elle porte aussi sur la hauteur retenue : sous plafond fini, sous dalle, sous faux plafond. Une cloison montée jusqu'à la dalle n'a pas la même surface qu'une cloison arrêtée au faux plafond.
Les ouvrages au mètre cube
Béton, fouilles, remblais. Pour le béton, le volume se compte en place, selon les dimensions des plans de coffrage. Pour les terres, il faut savoir si le volume est mesuré en place ou foisonné, c'est-à-dire gonflé après extraction : c'est le CCTP qui fixe la base, et parfois le coefficient à appliquer pour l'évacuation.
Unités, ensembles et forfaits
Appareils, bouches, portes, luminaires se comptent à l'unité. L'ensemble regroupe un équipement et ses accessoires, comme un tableau électrique câblé. Le forfait couvre une prestation non mesurable, comme une installation de chantier ou des essais. La règle à vérifier : ce que contient exactement l'ensemble, pour ne pas compter deux fois un accessoire.
Où lire le mode de métré d'une affaire
Le mode de métré n'est presque jamais un document séparé dans le dossier de consultation. Il est dispersé, et il faut le reconstituer avant de mesurer.
Le CCTP en porte la plus grande part. Chaque article décrit l'ouvrage et, souvent, sa règle de mesure : « métré au mètre carré, vides de plus de tant déduits », « compté au mètre linéaire, accessoires compris ». Dans un bordereau des prix unitaires, le libellé de chaque prix précise ce qu'il rémunère et comment la quantité se constate.
Le cadre de DPGF donne aussi des indices. L'unité de chaque ligne fixe la famille de mesure, et le découpage des lignes dit ce qui est compté à part. Si la DPGF a une ligne pour les tableaux de baies, c'est qu'ils ne sont pas compris dans la surface de cloison.
Quand le marché renvoie à un mode de métré publié par la profession, c'est ce texte qui s'applique pour tout ce que le CCTP ne précise pas. Et quand rien n'est écrit, posez la question au maître d'œuvre pendant la consultation : la réponse sera transmise à tous les candidats, et elle vous protégera au moment des situations.
- Le CCTP, article par article
- Les libellés du bordereau des prix unitaires
- L'unité et le découpage des lignes de la DPGF
- Le texte de référence cité par le marché
- Les réponses du maître d'œuvre aux questions des candidats
Appliquer les règles de métré : une cloison, trois résultats
Exemple. Un couloir de bureaux reçoit une cloison en plaques de plâtre de 12,50 m de long et 2,60 m de haut, percée d'une porte de 0,93 m × 2,04 m. La surface brute vaut 12,50 × 2,60 = 32,50 m². La surface de la porte vaut 0,93 × 2,04 = 1,8972 m².
Selon la règle, la quantité à chiffrer change. Avec la règle A, toutes les baies sont déduites. Avec la règle B, rien n'est déduit et les tableaux de la baie sont réputés compris. Avec la règle C, la baie est déduite et ses tableaux sont comptés à part, au mètre linéaire : deux montants de 2,04 m et une traverse de 0,93 m, soit 5,01 ml.
L'écart semble faible sur une porte. Sur un plateau de bureaux qui en compte quarante, il porte sur des dizaines de mètres carrés de cloison et sur une ligne de tableaux qui existe ou non. C'est pour cela qu'on fixe la règle avant le premier tracé, et pas après.
Garder une règle unique sur tout le lot
Le défaut le plus coûteux n'est pas de choisir la mauvaise règle, c'est d'en changer en cours de route. Un métré commencé en déduisant les baies et terminé sans les déduire ne se corrige qu'en reprenant chaque ligne. Dans LM, chaque ouvrage tracé garde sa couleur et sa ligne : il est simple de retrouver les tracés d'un même ouvrage et de vérifier qu'ils suivent la même convention.
Notez en tête de chaque onglet la règle suivie et sa source, par exemple « vides déduits selon l'article 3.2 du CCTP ». Le jour d'une réclamation ou d'un avenant, cette ligne évite de refaire tout le métré.
| Règle appliquée | Calcul | U. | Qté | |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Règle A : baie déduite | 32,50 − 1,8972 | m² | 30,60 |
| 2 | Règle B : baie non déduite | 12,50 × 2,60 | m² | 32,50 |
| 3 | Règle C : baie déduite | 32,50 − 1,8972 | m² | 30,60 |
| 4 | Règle C : tableaux comptés à part | 2 × 2,04 + 0,93 | ml | 5,01 |

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