Une fois le marché signé, le métré change de rôle : il sert à commander, à suivre l'avancement et à facturer. Voici comment faire le métré d'un chantier, sur place comme sur les plans d'exécution.
Avant la signature, le métré estime ce qu'il faudra construire. Pendant le chantier, il répond à trois autres questions : que faut-il commander, qu'a-t-on posé, et que reste-t-il à faire ? Les plans de référence ne sont plus ceux du dossier de consultation mais les plans d'exécution, souvent plus détaillés et parfois modifiés.
Le métré de chantier part donc des quantités du marché et les confronte à la réalité. Chaque écart a une cause à identifier : une modification demandée par le maître d'ouvrage, une erreur de plan, un aléa de terrain ou une erreur du métré initial. Seules certaines de ces causes justifient un travail supplémentaire payé.
En rénovation, les plans manquent souvent ou ne correspondent plus à l'existant. Il faut alors faire le métré sur place : un croquis coté pièce par pièce, au mètre ruban et au télémètre laser, avec les hauteurs sous plafond et les dimensions de chaque ouverture.
Même en neuf, un contrôle sur place évite des surprises : une cloison déplacée, une trémie agrandie, une hauteur différente des coupes. Photographiez chaque zone mesurée et notez la date ; ces traces servent si une quantité est discutée plus tard.

Le métré du marché donne des quantités nettes, posées. La commande, elle, doit tenir compte des chutes, de la casse et des conditionnements : on n'achète pas 0,33 boîte de carrelage. Le pourcentage de chutes dépend du matériau, du calepinage et de la forme des pièces ; fixez-le d'après votre propre expérience.
Exemple : un carrelage de 38,40 m² net, avec 10 % de chutes retenus pour ce calepinage, donne 38,40 × 1,10 = 42,24 m². En boîtes de 1,44 m², il faut 42,24 ÷ 1,44 = 29,33 boîtes, donc 30 boîtes, soit 43,20 m² livrés.
Gardez les deux chiffres séparés dans votre tableau : la quantité nette reste celle du marché et de la facture, la quantité commandée sert seulement à l'achat.
Chaque mois, ou selon le rythme prévu au marché, l'entreprise présente une situation : la part des travaux réalisée, ouvrage par ouvrage. Le métré de chantier fournit ces quantités posées à date.
Exemple : un lot plâtrerie compte 84,50 m² de cloisons au marché ; 62,00 m² sont posés à la fin du mois. L'avancement de cette ligne est de 62,00 ÷ 84,50 = 73,4 %, et c'est ce pourcentage, ou cette quantité, qui figure dans la situation.
Quand les quantités font débat, on fait un métré contradictoire : l'entreprise et le maître d'œuvre mesurent ensemble, et le document signé fait foi pour la suite. Un plan surligné, avec ce qui est posé d'une couleur et ce qui reste d'une autre, rend cet échange beaucoup plus court.
Les travaux supplémentaires se chiffrent sur des lignes à part, avec leur justificatif. Ne les fondez pas dans l'avancement d'une ligne du marché.
Métré chantier : vos questions
Pour un métré de chantier, utilisez LM, le logiciel métré : sur le plan PDF d'exécution, vous surlignez les ouvrages posés, chaque tracé devient une ligne de métré, et l'export Excel donne les totaux par unité, onglet par lot.
Sur place, avec un croquis coté pièce par pièce : longueurs des murs, hauteurs sous plafond, dimensions des ouvertures. Mesurez toujours dans le même ordre et photographiez chaque zone.
Pas au métré du marché, qui reste en quantités nettes, sauf indication contraire du CCTP. Les chutes s'ajoutent à la quantité commandée, matériau par matériau.
Un métré établi ensemble par l'entreprise et le maître d'œuvre, ou son représentant, et signé par les deux. Il fixe les quantités réalisées quand elles sont discutées.
Pour aller plus loin
Votre métré, surligné.
Déposez le plan, surlignez les ouvrages : les quantités se remplissent. Gratuit pour la mesure à la main.
Métré chantier : vos commentaires
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