La DPGF décompose un prix global et forfaitaire ; le DQE estime le montant d'un marché payé aux prix unitaires. La différence tient en une question : qui supporte l'écart entre la quantité prévue et la quantité réellement exécutée ?
Les deux documents se ressemblent : des lignes d'ouvrages, des unités, des quantités, des prix unitaires et des totaux. Ce qui les distingue, c'est la forme de prix du marché qu'ils accompagnent, et donc la façon dont l'entreprise sera payée.
| Critère | DPGF | DQE | |
|---|---|---|---|
| 1 | Forme de prix | Prix global et forfaitaire | Prix unitaires |
| 2 | Quantités | Indicatives, à vérifier par l'entreprise | Estimées par l'acheteur, les mêmes pour tous |
| 3 | Ce qui engage | Le prix global | Les prix du bordereau (BPU) |
| 4 | Paiement | Le prix convenu, selon l'avancement | Quantités exécutées × prix unitaires |
| 5 | Écart de quantité | À la charge de l'entreprise | Payé ou déduit selon le constat |
| 6 | Usage courant | Bâtiment aux plans bien définis | Voirie, réseaux, entretien, accords-cadres |
Prenons le même ouvrage dans les deux logiques : une cloison estimée à 400 m² au prix unitaire de l'exemple. Pendant le chantier, on s'aperçoit qu'il en faut 440 m², parce que des hauteurs ont été mal relevées.
En DPGF, l'entreprise a signé un prix global : elle construit les 440 m² et reçoit le prix convenu, calculé sur 400 m². Les 40 m² supplémentaires sont pour elle, sauf si l'écart vient d'une modification demandée par le maître d'ouvrage. En DQE, on mesure ce qui a été construit : l'entreprise est payée 440 m² au prix du bordereau.
À l'inverse, si la quantité réelle baisse, l'entreprise garde le prix global en DPGF, et n'est payée que la quantité exécutée en DQE. Le forfait fait porter le risque de quantité à l'entreprise ; le prix unitaire le laisse à l'acheteur.
| DPGF (forfait) | DQE (prix unitaires) | ||
|---|---|---|---|
| 1 | Quantité de l'offre | 400 m² | 400 m² |
| 2 | Prix unitaire (exemple) | 40,00 € | 40,00 € |
| 3 | Quantité exécutée | 440 m² | 440 m² |
| 4 | Montant payé | 16 000,00 € | 17 600,00 € |
L'acheteur choisit la forme de prix selon ce qu'il sait du projet. Quand les plans sont complets et les ouvrages bien définis, comme pour un bâtiment neuf, le forfait lui donne un coût sûr : c'est la DPGF. Quand les quantités dépendent du terrain ou des besoins futurs, comme pour une réfection de chaussée, un réseau ancien ou l'entretien d'un patrimoine, il préfère payer ce qui sera fait : c'est le BPU accompagné d'un DQE.
Les deux peuvent coexister dans un même marché : la partie bien connue au forfait, avec une DPGF, et les ouvrages incertains aux prix unitaires, avec un bordereau. Le CCAP précise alors quels ouvrages relèvent de chaque régime.
Face à une DPGF, votre métré est votre protection. Les quantités du cadre sont indicatives : refaites-les sur les plans, ligne par ligne, et chiffrez votre prix global sur vos propres quantités. Un écart non vu avant la signature se paie sur votre marge.
Face à un DQE, les quantités sont fixées par l'acheteur et identiques pour tous ; votre travail porte sur les prix unitaires. Le métré reste utile pour juger si l'estimation est réaliste et pour repérer les prix qui pèseront le plus. Vos prix doivent tenir quelle que soit la quantité finale, petite ou grande.
Dans les deux cas, gardez l'ordre, la numérotation et les unités du cadre reçu, et vérifiez que le total reporté dans l'acte d'engagement est exactement celui du tableau.
Différence entre DPGF et DQE : vos questions
Pour répondre à une DPGF ou à un DQE, utilisez LM, le logiciel métré : vous mesurez les ouvrages sur les plans PDF, et l'export Excel, un onglet par lot avec les totaux par unité, sert à vérifier les quantités du cadre ou de l'acheteur. La mesure à la main est gratuite et sans limite.
Oui, dans un marché mixte : une partie forfaitaire décomposée en DPGF et une partie à prix unitaires avec son bordereau et, souvent, un DQE. Le CCAP dit quels ouvrages relèvent de chaque partie.
La DPGF, du point de vue des quantités : l'entreprise s'engage sur un prix global, quelles que soient les quantités réelles. Le DQE expose plutôt sur les prix : un prix unitaire trop bas se répète sur toutes les quantités exécutées.
Non. Les prix unitaires d'une DPGF servent à décomposer et à justifier le prix global, puis à chiffrer les modifications. Ils ne transforment pas le forfait en marché à prix unitaires : on ne remesure pas les ouvrages pour payer l'entreprise.
En général non : elles sont fixées par l'acheteur pour comparer les offres. Les quantités d'une DPGF, elles, peuvent devoir être vérifiées et corrigées, selon le règlement de la consultation.
Pour aller plus loin
Vos quantités, mesurées sur les plans.
Mesure à la main gratuite dans le navigateur, export Excel par lot.
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